Être cité par ChatGPT : ce que disent les dernières études GEO

Pour être cité par ChatGPT, faut-il viser les médias, soigner sa notoriété ou d’abord ressortir dans Bing ? Trois publications parues entre fin août et mi-octobre 2026 apportent enfin des chiffres. Elles ne racontent pas tout à fait la même histoire, et c’est ce qui les rend utiles.

D’un côté, une étude de Semrush sur les sites que les assistants citent comme sources. De l’autre, les mesures du consultant Pierre Sauvé, qui montrent qu’un modèle peut connaître une marque sans jamais la citer. Au milieu, un brevet de Microsoft qui décrit la fabrication d’une réponse générative dans Bing. De quoi bâtir une méthode réaliste pour soigner votre visibilité dans les IA depuis un site français. Reste à compter les visites qui en découlent : voyez comment suivre le trafic ChatGPT dans GA4 et la Search Console.

Sources ChatGPT : ce que mesure l’étude Semrush

Semrush, éditeur d’outils SEO devenu filiale d’Adobe, a publié le 13 octobre 2026 une nouvelle édition de son AI Visibility Index, consacrée au Royaume-Uni et aux États-Unis. Chaque mois, de janvier à juillet 2026, 2,5 millions de prompts britanniques et 25 millions de prompts américains ont été soumis à ChatGPT, Gemini et AI Mode.

Rédactrice web devant son ordinateur, qui cherche à savoir si son site peut être cité par ChatGPT
Une citation dans une réponse d’assistant se mesure question par question, passage après passage.

Le chiffre marquant concerne la presse. Parmi les sources ChatGPT, les sites d’information pèsent plus lourd que chez les concurrents : au Royaume-Uni, ils représentent en moyenne 29,5 % des citations parmi les 100 domaines que l’assistant cite le plus, contre 19,6 % aux États-Unis. Pas un accident de calendrier : ChatGPT affiche la part « information » la plus élevée des quatre plateformes sur chacun des sept mois mesurés.

Autre écart, le nombre de liens. ChatGPT aligne de 12,5 à 22 entrées de sources par réponse au Royaume-Uni selon le mois, Gemini entre 1,6 et 4,4. Pour un site qui veut être cité par ChatGPT, la porte est donc plus large que chez Gemini. Notre comparatif entre Gemini et ChatGPT détaille leurs autres différences.

Le rapport insiste surtout sur une distinction que beaucoup de tableaux de bord écrasent : être mentionné ou cité, c’est-à-dire nommé dans le texte ou listé parmi les sources. Tesco et Asda restent chaque mois dans le top 100 des marques mentionnées, mais en juillet, Tesco était le 25e domaine cité par ChatGPT au Royaume-Uni et Asda… le 606e.

Deux réserves : l’étude ne contient aucune donnée française, et Semrush vend justement des outils de suivi de la visibilité dans les IA. Signal, pas loi.

OpenAI avait présenté en décembre 2024 les mises à jour de la recherche dans ChatGPT :

Vidéo en anglais (OpenAI, 16 décembre 2024, 14 min) : Kevin Weil, Adam Fry et Cristina Scheau présentent et démontrent les mises à jour de la recherche dans ChatGPT. La vidéo ne se charge qu’au clic.

Être cité par ChatGPT ne dépend guère de ce que le modèle sait de vous

Pierre Sauvé, consultant SEO chez The Black Room, est parti d’un test que chacun peut refaire : la même question posée trois fois à ChatGPT le même jour. Trois listes différentes. Une seule marque apparaît deux fois, aucune trois fois. Sur un panel plus large fourni par l’outil Qwairy, 42 % des marques ne sont vues qu’une fois sur trois passages dans ChatGPT, et 55 % dans Gemini. Un audit fondé sur un seul passage tient donc un peu de la loterie.

Sa conférence au TeknSEO 2026 (diapositives en ligne) sépare deux couches. La présence : ce que le modèle a retenu de son entraînement, inscrit dans ses poids, lent à bouger et mesurable. La citabilité : ce que l’étape de recherche met sous ses yeux au moment de répondre, volatile mais actionnable.

Pour mesurer la présence, il a interrogé dix modèles ouverts (Qwen, Llama, Gemma : voir notre point sur les modèles ouverts et propriétaires) sur 148 marques de 11 secteurs et 38 noms inventés servant de témoins. Puis il a croisé ces mesures avec 1 100 réponses de ChatGPT et Gemini à des questions génériques en français. Les deux assistants s’accordent entre eux (0,89 sur une échelle de 0 à 1). Entre présence et citation, l’accord tombe à 0,1. Presque rien, même sur Llama 3.1 70B.

Deux cas résument l’écart. Marketo pèse 2 131 occurrences par milliard de mots dans les corpus d’entraînement, mais n’apparaît que dans une réponse ChatGPT sur 60 consacrées à l’emailing. Brevo fait l’inverse : côté mémoire, il passe sous le niveau d’une marque inventée (l’ancien nom, Sendinblue, abandonné en mai 2023, domine encore), et il figure pourtant dans 83 % des réponses de ChatGPT sur son secteur. Sa formule résume tout : « Les données d’entraînement n’oublient pas mais la recherche, oui. »

Nuance tout de même : la présence explique environ 10 % du classement, et les marques les plus citées sont parmi les mieux connues des modèles. Être cité par ChatGPT reste un peu plus facile quand on est connu, sans que cela suffise. Wikipédia et Reddit, eux, n’apportent pas d’avantage mesurable sur la présence, à notoriété égale. La méthode est discutée : selon Abondance, un spécialiste lui reproche de confondre marque jamais trouvée et marque trouvée puis écartée, ce que le consultant admet.

Réponses génératives Bing : ce que décrit le brevet de Microsoft

Le 25 août 2026, l’office américain des brevets a délivré à Microsoft le brevet US 12,717,798 B2, déposé le 28 février 2025. Son objet : un « document de résultats de recherche génératif », page rédigée par l’IA qui combine réponse courte, sections thématiques et liens vers les sources. Abondance l’a décortiqué le 12 octobre ; la description complète est sur Google Patents.

Premier filtre : toutes les recherches n’ont pas droit à une réponse rédigée. Le système calcule un score de complexité à partir de la requête, des premiers résultats et de l’intention détectée. « youtube » ou « solve 2+2 » obtiennent un score faible, puisqu’on peut y répondre directement ; « analyser l’impact du changement climatique sur l’agriculture mondiale » franchit le seuil. Les réponses génératives Bing seraient donc réservées aux questions qui exigent une synthèse de plusieurs sources.

Vient ensuite le fan-out. Un petit modèle décline la requête en recherches voisines : « meilleure période pour visiter Hawaï » devient la période la moins chère, la meilleure météo, les grands événements. Dans l’exemple du brevet, ces sous-requêtes ramènent 250 liens de plus (300 avec les 50 du départ), qu’un modèle de classement note avant d’en garder 5, 10 ou un nombre n. La réponse s’écrit sur ces seuls liens : la sélection se joue donc lien par lien.

Dans l’exemple du brevet, un petit modèle spécialisé compte 1,5 milliard de paramètres, contre 7 milliards pour un grand. Ils travaillent en parallèle, pour livrer le document en 10 secondes quand un traitement en série prendrait plus d’une minute. Des modèles de contrôle légers traquent enfin doublons, hallucinations, manquements aux règles d’IA responsable et images cassées.

Schéma du brevet Microsoft : du score de complexité de la requête au document génératif de Bing, avec les délais de chaque étape
Les étapes du brevet US 12,717,798 B2 et les délais donnés en exemple.

Dernier détail : un document déjà généré peut être resservi tant que la même requête, ou une requête proche, renvoie le même ensemble de liens. Il peut être mis à jour quand cet ensemble change au-delà d’un seuil : une nouvelle page n’apparaîtra pas forcément tout de suite dans les réponses génératives Bing. Un brevet décrit toutefois un système possible, pas forcément celui qui tourne en production.

GEO SEO : la même base, un filtre de plus

Faut-il tout reprendre à zéro pour le GEO, l’optimisation pour les moteurs génératifs ? Non. Dans le brevet de Microsoft, la réponse s’écrit à partir de liens tirés d’un index web classique. Une page mal indexée ou hors sujet ne passera pas ce tri. Les fondamentaux de notre guide du SEO avec intelligence artificielle restent la condition d’entrée ; le débat GEO SEO n’y change rien.

Ce qui bouge, c’est l’unité de compétition : les sous-requêtes que le moteur génère, et chaque passage qu’il peut citer. Pour être cité par ChatGPT ou par Bing, une page qui répond net à une question précise (un chiffre, une date, une procédure) a logiquement plus de chances qu’un texte qui tourne autour du sujet. Les conseils de notre article sur la rédaction SEO assistée par IA s’appliquent, avec une exigence de plus : des passages autonomes et sourcés, qui tiennent debout hors de leur contexte.

Et la marque ? Si les modèles vous connaissent déjà, payer pour « entrer dans les LLM » ne sert à rien, selon Pierre Sauvé : le blocage est dans la récupération. Si personne ne vous connaît, les mentions comptent, mais leur rendement baisse vite une fois sorti de l’invisibilité. Bref, en GEO SEO comme ailleurs, on diagnostique avant de dépenser.

Robots.txt : GPTBot, OAI-SearchBot et le droit européen

Premier réflexe : vérifier que vous ne vous fermez pas la porte. OpenAI documente trois agents distincts. OAI-SearchBot alimente la recherche : un site qui le bloque n’apparaît pas dans les réponses de recherche de ChatGPT, hors simples liens de navigation. Impossible, dans ce cas, d’être cité par ChatGPT comme source. GPTBot collecte des contenus susceptibles de servir à l’entraînement. ChatGPT-User visite une page à la demande d’un utilisateur, et robots.txt peut alors ne pas s’appliquer.

Les deux premiers réglages sont indépendants. Moosend, dans le panel de Pierre Sauvé, refuse l’entraînement et accepte la recherche (citée dans moins de 3 % des réponses) ; Dealabs ferme tout sauf sa rubrique de codes promo (citée dans 36 % des réponses). Pas de recette : tout dépend de votre modèle économique. Comptez environ 24 heures pour qu’un changement soit pris en compte dans la recherche.

En Europe, ce refus a une base juridique. L’article 53 de l’AI Act impose aux fournisseurs de modèles d’IA à usage général une politique de respect du droit d’auteur, qui doit identifier et respecter les réservations de droits exprimées selon la directive (UE) 2019/790. Le code de bonnes pratiques publié par la Commission le 10 juillet 2025 est plus concret : ses signataires, dont OpenAI, Google, Microsoft et Mistral AI, s’engagent à employer des robots qui lisent et suivent robots.txt. Pour le calendrier du texte, voir ce qui s’applique déjà de l’AI Act.

Méthode : mesurer votre visibilité dans les IA en six étapes

Pas besoin d’un outil hors de prix pour commencer. Cette méthode reprend le standard d’audit de Pierre Sauvé et les conseils du rapport Semrush.

  1. Écrivez une vingtaine de questions que vos clients posent vraiment, sans votre nom de marque. Formulez-les comme on parle à un assistant : nos conseils pour rédiger des prompts ChatGPT aident à rester naturel.
  2. Posez chaque question au moins trois fois, dans l’interface et non par l’API, dont la couche de recherche diffère. Même modèle, date notée. Un passage unique ne mesure rien.
  3. Séparez deux indicateurs : êtes-vous mentionné (votre marque dans le texte) ou cité (votre domaine parmi les sources ChatGPT) ? Les deux divergent souvent.
  4. Ouvrez le rapport « AI Performance » de Bing Webmaster Tools, en préversion depuis le 10 février 2026 : il compte les citations de vos pages dans Microsoft Copilot et les résumés IA de Bing, avec un échantillon des requêtes qui ont servi à les trouver.
  5. Testez votre présence avec le kit brand_probe, publié par Pierre Sauvé le 2 octobre sous licence MIT. Il tourne par défaut avec Qwen 2.5 1.5B (3 Go, sans compte) ; notre guide de l’IA en local explique comment préparer la machine. Il mesure la présence, pas la citation.
  6. Repérez les sites que l’assistant cite déjà sur vos questions. Si ce sont des médias, une stratégie de relations presse peut peser davantage qu’un énième article de blog.

Refaites l’exercice chaque mois, avec le même socle : sans modèle, date et questions fixes, le score du mois suivant n’est comparable à rien. Être cité par ChatGPT de façon durable passe par cette discipline, plus que par une astuce.

Ce que ces études ne disent pas

Première limite, aucune donnée ne porte sur la France. Les sources ChatGPT étudiées par Semrush le sont sur les marchés britannique et américain, et le panel de Pierre Sauvé reste surtout anglophone. Les chiffres viennent aussi d’acteurs qui vivent du sujet, un éditeur d’outils et un consultant : à lire avec du recul. Quant au brevet, il décrit une architecture possible de Bing, pas un mode d’emploi garanti.

Reste un point commun, plutôt rassurant pour un petit site. La visibilité dans les IA se joue surtout au moment de la recherche, sur des pages précises, bien plus que dans la mémoire figée du modèle. C’est justement la partie sur laquelle vous avez prise. Être cité par ChatGPT relève alors du travail éditorial, là où le GEO SEO rejoint le référencement de toujours.

Foire aux questions

Comment être cité par ChatGPT quand on est un petit site ?

Commencez par l’accès : autorisez OAI-SearchBot dans votre fichier robots.txt, sinon vos pages ne peuvent pas apparaître dans les réponses de recherche de l’assistant. Publiez ensuite des pages qui répondent clairement à des questions précises, avec chiffres et sources. Mesurez enfin sur plusieurs passages, car les réponses changent d’une fois sur l’autre.

Faut-il bloquer GPTBot dans robots.txt ?

C’est un choix économique. Bloquer GPTBot indique que vos contenus ne doivent pas servir à l’entraînement des modèles d’OpenAI, sans vous retirer de la recherche, gérée par OAI-SearchBot.

Quelles sont les sources ChatGPT les plus fréquentes ?

D’après l’étude Semrush menée de janvier à juillet 2026, les sites d’information arrivent en tête : 29,5 % du poids des citations parmi les 100 premiers domaines au Royaume-Uni, 19,6 % aux États-Unis. Aucune donnée équivalente n’a été publiée pour la France.

Le GEO SEO remplace-t-il le référencement classique ?

Non. Dans le brevet de Microsoft, les réponses génératives Bing s’appuient sur des liens issus de l’index web, triés par un modèle de classement. Sans indexation ni pertinence, pas de citation. Le GEO ajoute une couche : sous-requêtes, passages citables, suivi des citations.

Sources