Adopt AI 2026 au Grand Palais : ce que le sommet de l’IA en entreprise vous réserve

Adopt AI Grand Palais revient les 3 et 4 décembre 2026 : deux jours sous la verrière, à Paris, pour parler d’intelligence artificielle en entreprise, de dirigeants à dirigeants. Organisé par le cabinet Artefact, le salon en est à sa deuxième édition. Il se présente comme la suite « business » du Sommet pour l’action sur l’IA de février 2025, rien que ça.

Faut-il y croire, et surtout faut-il y aller ? Voici ce que le programme publié d’Adopt AI 2026 contient vraiment, ce qu’il ne dit pas encore, et combien coûte l’entrée. Les chiffres ci-dessous sont ceux annoncés par l’organisateur. Personne ne les a encore comptés.

Adopt AI Grand Palais : ce qui est annoncé pour les 3 et 4 décembre

Allées d’un salon professionnel sous une grande verrière, image d’illustration du sommet Adopt AI 2026
Image d’illustration générée par IA : un salon professionnel sous verrière, pas une photo de l’événement.

Les faits de base d’abord. La deuxième édition se tient les jeudi 3 et vendredi 4 décembre 2026 au Grand Palais, 7 avenue Winston Churchill, dans le 8e arrondissement. Sur son site officiel, Artefact annonce plus de 20 000 participants, plus de 800 intervenants, plus de 2 000 PDG et plus de 250 exposants.

Ces nombres circulent avec des variantes (on lit aussi 600 intervenants dans certains articles). L’écart s’explique simplement : 600, c’est le bilan revendiqué pour 2025 ; 800, c’est l’objectif affiché pour 2026. Pour la première édition, l’organisateur avance 20 000 participants, plus de 1 300 PDG et 600 intervenants. Aucun décompte indépendant n’a été publié, donc prudence.

Le slogan maison ? « Le Davos de l’IA ». C’est l’organisateur qui le dit, pas les participants, et la formule tient plus de l’affiche que du constat. Ce qui est vérifiable, en revanche, c’est le format d’Adopt AI Grand Palais : une scène principale, des scènes thématiques par secteur, une zone de démonstration, des ateliers pratiques et des hackathons organisés autour de l’événement.

D’où vient Adopt AI 2026 : l’héritage du Sommet pour l’action sur l’IA

Retour en février 2025. Du 6 au 11 février, la France accueille le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, coprésidé avec l’Inde. Selon l’Élysée, 1 500 participants se retrouvent au Grand Palais, avec des acteurs venus de plus de 100 pays, et une centaine d’actions sont adoptées. Le 10 février est réservé à la société civile, le 11 aux chefs d’État et de gouvernement.

Détail souvent oublié : le sommet officiel avait déjà sa journée des entreprises, un « Business Day » tenu le 11 février à Station F. Le volet économique existait donc dès l’origine. Adopt AI Grand Palais ne l’a pas inventé, il l’a déplacé et agrandi, et c’est Artefact, une entreprise privée, qui tient la plume.

La filiation n’est pas pour autant décorative. Le 25 novembre 2025, Emmanuel Macron s’est rendu au Grand Palais pour clôturer la première journée de l’édition 2025. L’Élysée décrit l’événement comme dédié à l’adoption concrète de l’IA par les entreprises, les administrations et les acteurs publics.

Le message présidentiel tenait en une idée : après les talents, la puissance de calcul et l’émergence de champions, il faut maintenant mettre l’IA au service des services publics, des entreprises et des collectivités, avec des solutions européennes et souveraines. Autrement dit, passer de l’annonce à l’usage. C’est exactement le créneau qu’occupe Adopt AI 2026.

Frise chronologique de février 2025 à décembre 2026 : du Sommet pour l’action sur l’IA à Adopt AI Grand Palais
De février 2025 à décembre 2026 : les étapes qui mènent à la deuxième édition (sources : Élysée, Artefact, EUR-Lex).
Vidéo de la chaîne Élysée (novembre 2025, 21 min) : la prise de parole d’Emmanuel Macron en clôture de la première journée de la 1re édition d’Adopt AI. La vidéo ne se charge qu’au clic.

Un programme découpé par secteurs plutôt que par technologies

C’est la vraie singularité d’Adopt AI Grand Palais. On n’y parle pas de modèles ni de benchmarks, ou très peu. Le programme publié est rangé par métier : santé, finance, industrie, commerce et consommation, défense, voyage, ressources humaines et société, plus une scène réservée aux dirigeants.

Cette « CEO Stage » doit réunir, selon l’organisateur, 500 à 600 cadres dirigeants de multinationales. Artefact y annonce des interventions d’Emmanuel Macron et d’Ursula von der Leyen ; à ce stade, aucun agenda officiel ne le confirme, donc on attendra de voir. Parmi les PDG annoncés pour 2026 figurent Sébastien Bazin (Accor), Nicolas Hieronimus (L’Oréal), Vlad Kliatchko (Bloomberg), Onur Genç (BBVA), François Jackow (Air Liquide) et Pascal Daloz (Dassault Systèmes).

Les questions posées sur cette scène sont plus franches qu’on ne l’imagine. Exemple : vos équipes sont plus productives avec l’IA, mais votre compte de résultat n’a pas bougé, où est le trou ? Ou encore : qui, chez vous, répond du retour sur investissement de l’IA ? Ce sont les bonnes questions. Reste à savoir si les réponses seront aussi directes.

Côté santé, on trouve des tables rondes sur les agents en clinique, la découverte de médicaments et la mise en conformité avec l’AI Act et l’espace européen des données de santé. La finance parle d’« entreprise financière agentique », l’industrie d’IA frugale et de jumeaux numériques, le commerce de visibilité des marques dans les réponses de ChatGPT et de Gemini.

Le mot « agent » revient partout. Si le sujet vous est encore flou, notre explication des agents IA et de ce qu’ils automatisent vraiment vous fera gagner du temps avant d’entendre trente fois le mot en deux jours.

Et l’IA créative, dans tout ça ?

Soyons clairs : Adopt AI 2026 n’est pas un salon de l’image, de la vidéo ou de la musique générées. Aucune scène n’est consacrée aux outils créatifs. Si vous cherchez des démonstrations de générateurs, ce n’est pas le bon endroit.

Il y a pourtant deux portes d’entrée. La première se trouve dans la filière « AI for Society », avec un volet intitulé « Démocratie et culture à l’ère de l’IA ». Au menu : l’étiquetage des deepfakes, les élections face aux contenus synthétiques, le journalisme pris entre désinformation et automatisation, et la question qui fâche, l’entraînement des modèles sur les œuvres et la rémunération des créateurs européens.

Ce débat tombe à pic. L’article 50 du règlement européen sur l’IA s’applique depuis le 2 août 2026 : informer les gens qu’ils échangent avec une IA, marquer les contenus générés de façon lisible par une machine, signaler les deepfakes. Nous avons détaillé ce que l’AI Act impose déjà en 2026. Le programme pose la bonne question : on sait étiqueter, mais qui lit l’étiquette ?

Pour le côté pratique, notre guide pour détecter les deepfakes en vidéo reste plus utile qu’une table ronde. Et sur la propriété des œuvres, le point sur les créations générées par IA et le droit d’auteur donne les règles actuelles.

La seconde porte, c’est le parcours « Marketing et ventes » du Corporate Lab, consacré à la production de contenus et à la personnalisation des campagnes. Plus proche de l’usage, donc, mais tourné vers le marketing plutôt que vers la création artistique.

Souveraineté et adoption : le fil rouge de l’édition

L’autre grand thème d’Adopt AI 2026, c’est la dépendance. Le programme aligne des sessions sur EuroStack, sur les projets européens d’intérêt commun consacrés à l’IA, sur la course aux « gigafactories » de calcul et sur l’open source vu comme le pari européen. Une question est posée sans détour aux dirigeants : si votre fournisseur de cloud américain change ses prix ou ses conditions, quel est votre plan de repli, et l’avez-vous testé ?

Bonne question, encore. Les réponses concrètes existent déjà en partie : nous avons comparé les solutions d’agents IA open source pour garder la main sur ses données et son infrastructure.

Le reste tourne autour de l’adoption elle-même. Le passage du prototype au déploiement, les compétences, la place des jeunes recrues quand l’IA absorbe d’abord les tâches de début de carrière. Les ressources humaines ont d’ailleurs leur propre filière, « AI for People », avec un sujet rarement traité ailleurs : l’écart entre hommes et femmes dans l’usage de l’IA au travail.

Pour une PME, l’intérêt est inégal. Les retours d’expérience de grands groupes ne se transposent pas tels quels. Mais certains sujets parlent à tout le monde, comme le service client automatisé, que nous avons décortiqué dans notre article sur l’agent IA de service client.

Corporate Lab : tester les outils au lieu de les écouter

C’est la nouveauté la plus concrète de cette Adopt AI 2026. Un étage au-dessus du salon, le Corporate Lab propose des ateliers pratiques animés par les éditeurs eux-mêmes. Le principe est simple : six places, six claviers, trente minutes pour prendre en main un outil.

Artefact annonce 18 entreprises d’IA, chacune avec son propre atelier. Une session démarre toutes les 45 minutes, sur les deux jours. Six parcours sont prévus selon votre fonction : ressources humaines, finance, marketing et ventes, tech et produit, service client, opérations et agents.

Limite de taille : la liste des entreprises présentes n’est pas publiée. L’organisateur indique qu’elle sera annoncée avant l’événement. Difficile, donc, de savoir aujourd’hui quels outils vous pourrez réellement tester, et c’est pourtant ce qui justifie le surcoût. Notre conseil : attendez la liste avant de payer l’option.

Billets, prix et accès : les informations pratiques

Les tarifs affichés sur la page d’inscription officielle au 10 octobre 2026, TTC, en tarif réduit de prévente (le prix plein est barré à côté) :

PassPrix actuelPrix pleinCe qu’il donne
Regular, 2 jours420 €600 €Scènes, démozone, replays
Regular + Corporate Lab900 €1 080 €Jusqu’à 5 ateliers, selon les places
VIP, 2 jours1 710 €2 388 €Salon VIP, cocktail, accueil dédié
Équipe Corporate Lab (6 personnes)5 400 €6 480 €Ateliers privés, sessions présélectionnées
Visite guidée (15 pass)9 600 €–Tour de 2 heures de l’exposition

Un pass média existe, sur accréditation, et un programme de bénévoles est annoncé sans date. La page ne précise pas jusqu’à quand court le tarif réduit : si vous comptez y aller, ne traînez pas.

Pour venir à Adopt AI Grand Palais : métro lignes 1 et 9 à Franklin D. Roosevelt, lignes 1 et 13 à Champs-Élysées–Clemenceau, ou RER C à Invalides. Le Grand Palais est en plein cœur du 8e, entre la Seine et les Champs-Élysées.

À noter aussi, les hackathons rattachés au sommet par Artefact : défense (quantique, robotique, drones), désinformation, ou encore IA générative appliquée à la découverte de médicaments. Ils visent surtout les étudiants et les ingénieurs.

Faut-il y aller ? Notre lecture

Tout dépend de votre poste. Pour un dirigeant ou un responsable de la transformation, Adopt AI Grand Palais offre en deux jours un état des lieux des grands groupes européens, et une occasion de rencontrer des fournisseurs. Le pass de base à 420 € vendu par Artefact reste raisonnable pour ce type de salon.

Pour un indépendant ou un créatif, c’est moins évident. Le programme parle peu d’outils, beaucoup d’organisation et de gouvernance. Si votre question est « quel générateur d’images choisir ? », vous repartirez sans réponse. Si c’est « comment mon client va-t-il intégrer l’IA dans sa chaîne de production ? », là, oui, ça vaut le déplacement.

Et pour la conformité ? Les sessions sur l’AI Act donneront le ton des grandes entreprises, mais le texte, lui, ne changera pas d’ici décembre. Notre article sur l’AI Act pour les entreprises, selon votre rôle fait le travail sans billet d’entrée.

Dernier point de calendrier : la même semaine, GenerationAI Paris se tient du 1er au 3 décembre 2026 au CNIT, à La Défense, sur un registre plus technique. Deux salons d’IA en cinq jours à Paris, il faudra choisir. Quel sommet IA Paris retenir ? Celui qui correspond à votre métier, tout simplement.

Foire aux questions

Quand et où se tient Adopt AI 2026 ?

Adopt AI 2026 a lieu les 3 et 4 décembre 2026 au Grand Palais, 7 avenue Winston Churchill, Paris 8e. Accès par les métros 1, 9 et 13 ou le RER C (Invalides). C’est la deuxième édition organisée par Artefact, après celle des 25 et 26 novembre 2025, au même endroit.

Qui organise le sommet ?

L’entreprise Artefact. L’événement se présente comme la suite économique du Sommet pour l’action sur l’IA de février 2025, organisé par l’État. Ce lien est revendiqué par l’organisateur ; le président de la République a clôturé la première journée de l’édition 2025.

Combien coûte l’entrée ?

Au 10 octobre 2026, le pass de base pour deux jours est affiché à 420 € TTC, au lieu de 600 €. L’accès avec ateliers du Corporate Lab coûte 900 €, le pass VIP 1 710 €. Le site ne dit pas quand le tarif réduit prend fin.

Le sommet parle-t-il d’IA créative ?

Peu. À Adopt AI Grand Palais, un volet de la filière « AI for Society » traite des deepfakes, de l’article 50 de l’AI Act et du droit d’auteur des créateurs face à l’entraînement des modèles. Le parcours marketing du Corporate Lab aborde la production de contenus. Il n’y a pas de scène dédiée aux générateurs d’images, de vidéo ou de musique.

Sources